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Et si renoncer réveillait certaines histoires du mental?

Photo du rédacteur: Nadège Nicolas
Nadège Nicolas
il y a 5 minutes
5 min de lecture

Aloha chère lectrice, cher lecteur,

La semaine dernière, je te parlais d’un choix que j’ai dû faire : participer à un nouveau week-end Ubuntu à Lyon en décembre ou réserver cet argent à un autre projet qui me tient particulièrement à cœur… notre mariage à Hawaiʻi l’été prochain. 🌺

Clairement, je voulais me marier à Hawai'i. Et je laissais derrière moi Lyon même si j'y aurais retrouvé des personnes que j’apprécie énormément et avec lesquelles j’aurais été très heureuse de partager ce nouveau week-end.

Affaire classée ?

Eh bien… pas tout à fait. 😄

Si ma décision était prise, quelque chose en moi avait encore beaucoup de mal à renoncer à Lyon.

Et en observant ce qui rendait cette décision si difficile, je me suis rendue compte que ce n’était finalement plus seulement le fait de manquer ce week-end qui me dérangeait.

Mon mental, lui, avait commencé à écrire tout un scénario autour de mon absence.


Femme souriante à une terrasse de café, tenant une tasse, face au lac et aux montagnes, reflet dans la vitre, lumière dorée.
Entre ce qui est… et ce que notre mental raconte, il y a parfois toute une histoire. 🌺

🧠 Quand le mental écrit la suite de l’histoire

Je n’allais pas vivre tous ces moments avec des personnes que j’apprécie énormément et elles allaient créer des souvenirs ensemble sans moi.

Une autre peur est également apparue : et si elles finissaient par m’oublier ? Et si elles ne pensaient plus à moi pour le prochain week-end Ubuntu ?

En quelques pensées, j’étais donc passée de :

« Je ne participerai pas à un week-end à Lyon »

à :

« Je risque peut-être de perdre ma place auprès de personnes qui comptent pour moi. »

Ah, le mental! Il faut reconnaître qu’en matière de scénarios, il sait parfois faire preuve d’une créativité assez remarquable. 😄

Pourtant, le fait était beaucoup plus simple : je ne serais pas présente à un week-end.

C’était tout. Tout le reste n'était qu'une histoire que mon mental construisait autour de ce fait.


🌺 Accueillir l’histoire plutôt que la combattre

Là encore j'avais le choix :

  • essayer de faire taire ces pensées, me répéter qu’elles étaient absurdes, que je ne devais pas penser comme ça. Mais elles étaient là.

  • les accueillir.

Si tu me suis depuis quelques temps, tu sais quel parti j'ai pris : oui, les accueillir. J'ai laissé venir à moi toutes les histoires. Et il y en avait. Mon but n'était pas de leur donner raison. Je voulais tout faire remonter à la surface car en les écoutant vraiment, j’ai commencé à voir ce qu’elles venaient toucher en moi.

Ce n’était plus seulement une question de Lyon.

Derrière mon hésitation, quelque chose de plus profond se cachait : la peur que mon absence puisse modifier ma place dans le lien.

Mon mental pensait qu'être présente était nécessaire pour continuer à compter. Si je manquais ce moment, il imaginait que j'allais perdre un peu de ma place.

Et c’est précisément là que quelque chose a commencé à se désillusionner.

Et si ce que je croyais n’était pas forcément vrai ?

Pourquoi des personnes qui m’apprécient m’oublieraient-elles simplement parce que je ne participe pas à un week-end ?

Pourquoi un lien sincère dépendrait-il nécessairement de ma présence à chaque événement ?

Et surtout : est-ce que je voulais vraiment prendre une décision financière à partir de cette peur ?

Je n’avais évidemment aucune certitude sur ce qui se passerait. Mais je pouvais au moins reconnaître une chose : mon mental, lui, avait déjà écrit toute la suite du scénario.


🔎 Le fait… et l’histoire que je raconte autour

J’ai alors distingué deux choses.

Le fait : je choisis de ne pas aller à Lyon cette fois-ci.

Et l’histoire : si je n’y vais pas, je risque de perdre ma place auprès de ces personnes.

Ce n’est pas la même chose. Le fait appartient à la réalité du moment.

L’histoire, elle, est ce que mon mental ajoute à cette réalité : des suppositions, des anticipations, des peurs… parfois tellement convaincantes qu’elles finissent par ressembler à des vérités.

Et pourtant, entre : « cela va arriver » ET « j’ai peur que cela arrive », il y a une sacrée différence.


🧩 C + R = E : quand le mental change l’énergie d’une situation

Te rappelles-tu de cette formule que j’aime beaucoup : C + R = E?

Elle était très simple à utiliser dans ce cas :

C = circonstance : je ne participerai pas au week-end Ubuntu à Lyon.

Mais ma réaction intérieure ajoutait une toute autre dimension :

R = réaction : si je ne suis pas là, ils vont peut-être m’oublier. Je vais manquer quelque chose. Peut-être que je ne serai plus invitée la prochaine fois au dîner du vendredi soir.

Et cette réaction nourrissait une énergie bien différente :

E = énergie : peur, hésitation, contraction, difficulté à assumer mon choix.

La circonstance, à elle seule, ne racontait pourtant rien de tout cela. En fait, c’était ma réaction à cette circonstance (et surtout l’histoire à laquelle je commençais à croire) qui nourrissait en grande partie cette énergie.

Lorsque j’ai pu observer cette histoire, l’accueillir et cesser progressivement de la prendre pour une vérité, quelque chose s’est détendu en moi.

Je pouvais être triste de ne pas partager ce week-end avec eux sans en conclure que notre lien était menacé.

Je pouvais manquer ce moment sans croire que j’allais être oubliée.

Je pouvais choisir mon mariage sans faire de Lyon la preuve de quelque chose que j’étais en train de perdre.

Et cette différence-là a changé beaucoup de choses.


🌿 Certains choix nous demandent aussi de perdre une illusion

Finalement, ce choix m’a peut-être demandé deux renoncements

  • le premier était concret : renoncer à ce week-end à Lyon.

  • le second était intérieur : renoncer à l’idée que je dois être présente pour continuer à compter.

Peut-être que certains choix deviennent difficiles justement parce qu’ils viennent rencontrer une croyance à laquelle nous étions encore attachés. Alors, lorsque nous n’arrivons pas à renoncer à quelque chose, une autre question peut apparaître :

À quoi ai-je réellement peur de renoncer ?

Est-ce vraiment à l’expérience elle-même ? Ou à ce que je crois que cette expérience m’assure : une place, un lien, une reconnaissance, un sentiment d’appartenance, une sécurité ?

Parfois, le véritable choix ne se joue pas seulement entre deux destinations, deux projets ou deux dépenses. Il se joue plutôt entre continuer à croire une histoire qui nous maintient dans la peur… ou accepter de regarder si elle est réellement vraie.


🌺 Et si nous séparions simplement le fait de l’histoire ?

Peut-être que la prochaine fois qu’une décision te semble particulièrement difficile, tu peux essayer de t’arrêter quelques instants et te demander :

1/ Quel est le fait ?

2/ Quelle est l’histoire que mon mental raconte autour de ce fait ?

L'idée n'est pas de faire disparaître cette histoire, ni de te convaincre qu’elle est ridicule ou fausse.

L'idée n'est pas non plus de remplacer une pensée négative par une jolie pensée positive à laquelle tu ne crois pas davantage. 😄

L'idée est de simplement créer un peu d’espace entre ce que tu sais et ce que tu imagines. Tu découvriras peut-être ce qui se cache réellement derrière ta difficulté à choisir ou à renoncer.

Alors, je te laisse avec cette question :

Y a-t-il en ce moment une histoire que ton mental raconte autour d’un choix que tu dois faire ?

Si c'est le cas, qu’est-ce que tu sais réellement… et qu’est-ce que tu es en train d’imaginer ? 🌺

Sans jugement. Juste pour voir.


ENJOY YOUR LIFE 🌺


Femme souriante, les bras grands ouverts devant un paysage de montagnes, exprimant la liberté et le lâcher-prise face aux histoires du mental.


Avec tout mon amour,

Nana

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