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Choisir, c’est aussi renoncer : et si c’était ça, la liberté ?

  • Photo du rédacteur: Nadège Nicolas
    Nadège Nicolas
  • il y a 1 heure
  • 4 min de lecture

Aloha chère lectrice, cher lecteur,

Au mois de décembre, un nouveau week-end Ubuntu est prévu à Lyon. C'est un week-end auquel j'aurai vraiment aimé participer notamment parce que j'y retrouve des personnes que j'apprécie énormément.

Mais voilà, j'ai aussi un autre projet : mon chéri et moi allons nous marier à Hawai'i l'été prochain.

Oui, oui… Hawai’i. 🌺

Et aussi merveilleux soit-il, ce projet représente un certain budget. Apparemment, les palmiers, le Pacifique et les couchers de soleil paradisiaques n’acceptent pas encore les paiements en bonnes vibrations. Dommage. Ça m’aurait arrangée. ☺️

A un moment, une réalité très simple s'est imposée à moi : je ne peux raisonnablement pas mettre de l'argent dans les deux projets.

la question n'était pas : ai-je envie d'aller à Lyon? La réponse était oui. Le véritable sujet était plutôt : que faire lorsque deux choses auxquelles nous aimerions dire oui ne peuvent pas, dans la réalité du moment, recevoir toutes les deux notre temps, notre argent ou notre énergie ?

C’est là que le choix apparaît et avec lui, quelque chose dont nous parlons souvent peu : le renoncement.

Peut-être qu’une vie consciente ne consiste pas à réussir à tout avoir, mais à savoir ce que nous choisissons lorsque nous ne pouvons pas tout avoir.


Femme face à deux chemins dans un paysage tropical, symbolisant le fait de choisir une direction.
Choisir, c’est parfois accepter de ne pas emprunter tous les chemins… même lorsqu’ils sont tous les deux magnifiques. 🌺

⚖️ Choisir c'est renoncer parce que nous ne pouvons pas tout avoir

Parfois, nous aimerions pouvoir tout faire : vivre toutes les expériences, vivre notre vie à 100 à l'heure, saisir chaque opportunité, être présent(e) partout et ne rien manquer.

Une sorte de buffet à volonté de la vie : je vais prendre un peu de ça, beaucoup de ça, ah oui ça aussi… et finalement mettez-moi tout. ☺️

Sauf que la vie n’est pas vraiment un buffet à volonté. Notre réalité comporte des limites :

  • limites de temps

  • limites financières

  • limites physiques

Et parfois, plusieurs choses que nous aimons peuvent avoir de la valeur en même temps.

Le choix ne signifie donc pas forcément décider entre quelque chose de « bien » et quelque chose de « mauvais ». Non car les choix les plus difficiles sont parfois précisément ceux où nous devons choisir entre deux choses auxquelles nous aurions aimé dire oui.

La limite n’est alors pas nécessairement un problème. Elle peut devenir un espace de discernement et nous obliger à rencontrer nos priorités.

Et toi, quand tout ne peut pas tenir dans ta vie, qu’est-ce qui compte réellement pour toi maintenant ?

🌿 « Je ne peux pas » ou « je choisis de ne pas » ?

Dans ma situation, j'aurai pu dire "je ne peux pas aller au week-end Ubuntu à Lyon parce que notre mariage à Hawai'i nous coutera cher". Factuellement, c'est juste.

Toutefois, cette phrase me dérange. Ainsi dite, elle pourrait laisser entendre que je n'assume pas mon choix et que je subis cette décision. Comme si le mariage était à l'origine de ma privation.

En fait, je trouve plus juste de dire : " J’aimerais aller à Lyon. Mais aujourd’hui, je choisis de ne pas consacrer cet argent à ce week-end parce que je choisis de le réserver à notre mariage."

La circonstance n’a pas changé : je ne vais toujours pas à Lyon.


🌺 Derrière chaque « non » se cache parfois un « oui »

Mais intérieurement, la posture est différente : derrière mon "non", je sais à quoi je dis "oui".

Cela m’amène à observer combien nous utilisons parfois « je ne peux pas » là où il serait peut-être plus juste de dire :

  • Je ne veux pas en payer le prix.

  • Je ne veux pas y consacrer mon temps.

  • Je ne veux pas y mettre mon énergie.

  • Je choisis autre chose.

Bien sûr, il existe de véritables « je ne peux pas », des contraintes sur lesquelles nous n'avons aucune prise. Mais il existe aussi des « je ne peux pas » derrière lesquels se cache parfois un choix que nous avons du mal à nommer.

Ce n’est pas une question de culpabilité. C’est une manière de retrouver notre responsabilité dans ce que nous décidons de nourrir.

Et même lorsque nous décidons de ne pas décider, quelque chose se choisit malgré tout : nous choisissons, consciemment ou non, de laisser la situation suivre son cours, quelqu’un d’autre décider, ou les circonstances trancher à notre place.

Peut-être que la vraie question n’est donc pas toujours : « Est-ce que j’ai le choix ? » mais plutôt : « Où se trouve mon choix dans cette situation, et suis-je prête à reconnaître ce qu’il implique ? »


🧠 Et quand le mental s'invite dans nos choix ?

J’aurais pu m’arrêter là : Hawai’i plutôt que Lyon. Choix fait. Affaire classée. Mahalo, au revoir. 🌺

Sauf que mon mental, lui, n’avait manifestement pas reçu le mémo. En prenant cette décision, j’ai découvert quelque chose d’inattendu. Si le choix était devenu clair pour moi, pourquoi avais-je encore du mal à renoncer à Lyon ?

En observant ce qui se passait en moi, j’ai compris que ce n’était pas seulement une question de budget.

Mon mental avait commencé à me raconter une toute autre histoire. « Si tu n’y vas pas, tu vas manquer tous ces moments avec eux… Et s’ils finissaient par t’oublier ? Et s’ils ne pensaient plus à toi pour le prochain week-end ? »

Ah, nous y voilà. Nous n'étions plus seulement en train de parler de limites financières. Nous étions passés, en quelques pensées, d’un arbitrage budgétaire à la possibilité d’être rayée de la carte affective. Bienvenue dans le merveilleux monde du mental.

C’est là que j’ai compris que certains choix nous demandent parfois de renoncer à bien plus qu’une expérience. Ils viennent aussi questionner certaines histoires auxquelles nous croyons.

Et ça, je vous en parle la semaine prochaine. D’ici là, peut-être peux-tu simplement observer : y a-t-il quelque chose dans ta vie auquel tu dis « je ne peux pas », alors qu’au fond, tu es peut-être en train de dire « je choisis autre chose » ?

Sans jugement. Juste pour voir.


En attendant la semaine prochaine :


ENJOY YOUR LIFE

Femme souriante, les bras grands ouverts devant un paysage de montagnes, exprimant la liberté et la joie de choisir.

Avec tout mon amour,

Nana

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