Tu veux pardonner, mais quelque chose en toi souffre encore?
Aloha chère lectrice, cher lecteur,
Aujourd'hui, j'ai envie de te parler d'une expérience personnelle autour du rejet, de l'injustice et de ces blessures anciennes qui se réveillent parfois sans prévenir.
Cette histoire appartient au passé — et c'est précisément parce qu'elle est digérée que je peux en parler librement aujourd'hui.
Si je la partage, ce n'est pas pour raviver un conflit. C'est parce que je crois que derrière certaines situations qui nous touchent profondément, il y a souvent quelque chose de beaucoup plus universel. Ce qui m'a le plus appris, ce n'est pas ce qui s'est passé dehors… mais ce qui s'est passé dedans.
Alors je t'invite non pas à entrer dans mon histoire — mais à regarder doucement la tienne.

🌿 Quand une accusation injuste réveille quelque chose de beaucoup plus ancien
J'ai vécu cette expérience particulière dans le cadre familial : j'ai fait face à une accusation à tort, à laquelle je ne m'attendais pas du tout.
Passé l'étonnement et la surprise, j'ai fait le choix du silence et de l'éloignement, soutenue par mon conjoint.
Avec le recul, je sais que c'était le bon choix. L'énervement, l'emportement voire les insultes n'auraient rien apporté et mon intention n'était pas de rentrer dans ce jeu.
J'avais le choix de la réponse et j'ai choisi de poser une limite.
Mais une fois cet évènement passé, je me suis aperçue que quelque chose continuait à vivre en moi. Je pensais avoir tourné la page.
Pourtant, chaque fois que l'on évoquait cette personne, mon corps réagissait. Je ressentais un peu d'amertume à son égard et je me surprenais à être moins tolérante que d'habitude...
Un sentiment de rejet et d'injustice est apparu. Pas d'un coup. Non, ça s'est installé plus discrètement que ça.
Je me suis alors rendue compte que cet épisode avait laissé plus de traces en moi que je ne l'aurais imaginé.
🧠 Pourquoi certaines situations nous touchent autant?
Cette accusation à tort m'a profondément touchée. Sais-tu pourquoi?
Simplement parce que cette situation était venue réveiller en moi une vieille blessure d'injustice que je croyais apaisée.. Un épisode ancien de ma vie de collégienne qui m'a marqué. C'est une ancienne mémoire émotionnelle qui s'est réactivée.
Ces anciennes mémoires, nous en avons tous. Parfois, elles se réveillent parce que quelqu'un vient appuyer dessus.
C'est la raison pour laquelle certaines critiques glissent et n'ont aucun effet sur nous. D'autres, elles, nous transpercent.
Bien souvent, ce n'est pas la personne qui nous blesse, c'est ce qu'elle réveille. et c'est exactement ce qui s'est passé : la personne ne m'a pas blessée au fond. Elle est juste venue réveiller cette ancienne blessure que je pensais guérie.
Tu veux savoir comment reconnaître ces anciennes blessures ?
Bien souvent, une réaction qui te semble disproportionnée est un indice précieux. Comme si quelque chose de beaucoup plus ancien prenait soudain la parole.
🧒 Voir son enfant intérieur blessé
Cette situation m'a permis de voir à quel point mon enfant intérieur portait encore cette blessure, depuis longtemps.
L'enfant intérieur, c'est cette partie de nous qui a tout enregistré : les moments où l'on s'est senti injustement traité, rejeté, incompris. Il ne raisonne pas. Il ressent.
Il garde en mémoire tout ce qui a fait mal, même quand l'adulte que tu es devenu(e) croit avoir tourné la page.
Et pourtant, il a fallu cette expérience familiale pour que cette douleur ressorte avec autant d’intensité.
Oui… aujourd’hui, je peux même dire grâce à cette expérience.
La pleine conscience intégrative m’a aidée à comprendre quelque chose d'essentiel : au fond, je ne souffrais pas seulement de cette accusation. Je souffrais aussi de ce qu’elle venait réveiller en moi.
Sans ce regard posé sur mon vécu intérieur, j'aurais certainement pu nourrir longtemps un fort ressentiment envers la personne qui m'a accusée à tort.
Mais, peu à peu (pas immédiatement, soyons honnêtes) j'ai pu identifier cette vieille blessure, l'observer sans jugement, et écrire dessus pour déposer ce qui avait besoin de sortir.
Et je me suis rendue compte d'une chose importante : l'honnêteté envers mes émotions était déjà un premier pas vers la guérison.
Peut-être que toi aussi, certaines situations réveillent une partie de toi beaucoup plus ancienne que l’évènement lui-même.
🌊 Accueillir que tu n'accueilles pas
Dans un premier temps, j'ai voulu envoyer de l'amour à cette personne, comme je l'ai appris en formation. Alors, j'ai essayé.
J'ai fait des méditations d'ouverture du cœur. J'ai sincèrement tenté de voir autrement. Mais quelque chose en moi résistait. Chaque fois que je pensais à cette personne, mon cœur restait fermé. Pas légèrement fermé mais complètement fermé.
Et il m’a fallu beaucoup d’honnêteté pour reconnaître une chose pourtant simple : je n’étais pas prête :
Pas prête à comprendre.
Pas prête à pardonner.
Et certainement pas prête à lui envoyer de l’amour.
Sur le moment, ça m'a un peu bousculée parce qu'une partie de moi voulait faire bien :
accueillir
être dans l'amour
et réagir comme il faut.
Il m’a alors fallu prendre du recul et accepter quelque chose de beaucoup moins confortable : je n’accueillais pas encore cette situation. Et finalement… c’était OK.
Je me suis rendue compte que vouloir comprendre ou pardonner immédiatement n'est pas toujours possible. Certaines émotions ont besoin d'être vues avant d'être dépassées. Il fallait d'abord que j'accueille honnêtement ce qui était là : la blessure, l’injustice, la fermeture, la résistance.
Je me suis aussi aperçue d’une chose importante : vouloir envoyer de l’amour à tout prix pouvait devenir une forme subtile de performance intérieure.
Or, il existe une immense différence entre performer l’acceptation… et la vivre réellement..
🚧 Poser une limite n'est pas manquer d'amour
En revisitant cette situation avec un peu de recul, je me suis rendue compte d'une chose importante : ma réaction avait été juste. Partir était juste : non pas parce que j'étais dans le rejet, ni parce que je voulais punir qui que ce soit. C'était simplement la réponse la plus alignée pour moi à cet instant.
Avec le temps, j'ai commencé à voir quelque chose que je ne pouvais pas voir immédiatement : de l'autre côté aussi, il y avait probablement de la souffrance.
Pas la mienne : la sienne.
Cette personne faisait sans doute de son mieux avec son histoire, ses peurs, ses limites et ce qu’elle traversait intérieurement.
Voir cela a adouci mon regard. Mais, et c'est important, cela n’a pas rendu ma limite moins juste.
Il y a quelque chose que j'ai mis du temps à comprendre : avoir de la compassion pour quelqu’un ne signifie pas tout accepter. On peut tenir ensemble ces deux vérités, même si elles semblent contradictoires au premier abord :
je vois ta souffrance…
et je me respecte quand même.
Ce n'est pas de l'indifférence. Ce n'est pas du rejet. C'est une forme d'amour envers toi-même.
En quittant cette situation sans surenchère, sans colère, sans chercher à avoir le dernier mot, j'ai posé une limite calme et claire. Et j'ai compris que parfois, aimer, c'est aussi savoir se choisir.
🌿 Pardonner ne veut pas dire donner raison
Pendant longtemps d’ailleurs, j’ai cru que pardonner revenait à minimiser l’acte commis. Je pensais que si je pardonnais:
ça ferait comme si ça n’avait pas été douloureux,
comme si l’injustice n’avait pas existé
ou ça donnait raison à l’autre.
Or, aujourd’hui, j’en ai une toute autre compréhension.
Le pardon n’est pas :
❌ excuser la personne.
❌ effacer ses paroles ou ses actes.
❌ effacer ce qui s’est passé.
Le pardon n'est pas arrivé quand cette personne a changé. Il est arrivé quand mon regard sur cette histoire a changé car le pardon ne changera pas l’histoire mais il transformera la relation que j’entretiens avec elle.
Pendant quelques temps, j’ai ressassé ma blessure d’injustice, j’ai revécu la scène, j’ai ruminé qu’elle m’ait traité ainsi alors que je prenais toujours sa défense. En fait, je revivais sans cesse l’histoire.
C’était moi qui avais le poids de l’histoire, pas elle.
C’est à ce moment-là que j’ai changé de compréhension sur le pardon : pardonner n’est pas faire un cadeau à l’autre. C’est se faire un cadeau à soi en permettant une libération intérieure.
Ça ne s’est pas fait en 2 jours. Il m’a fallu du temps. Je ne crois pas au pardon forcé. Ça ne fonctionne pas. Il vient quand il vient.
Pour le coup, il faut qu’il vienne du cœur et il ne peut venir du cœur que si on comprend qu’on s’offre un cadeau et qu’on a au préalable accueilli sa blessure.
Pardonner, ce n’est pas oublier le passé. C’est simplement décider que cette histoire ne dirigera plus notre vie.
Conclusion
Aujourd'hui, je peux parler avec cette personne. Je peux être en lien. Je peux même voir sa souffrance autrement.
Non pas parce que j'ai effacé ce qui s'est passé…mais parce que je n'ai plus besoin de vivre à l'intérieur de cette histoire.
Et toi, quelle histoire continues-tu à porter alors qu'elle pourrait déjà être déposée ?
ENJOY YOUR LIFE 🌺

Avec tout mon amour,
Nana
📚 Pour aller plus loin
Si cet article a résonné en toi et que tu sens que tu es prêt(e) à explorer davantage, voici deux livres qui pourraient t'accompagner :
"Les 5 blessures qui empêchent d'être soi-même" de Lise Bourbeau : un livre doux et progressif qui part de la blessure elle-même, sans jamais forcer quoi que ce soit. Idéal si tu en es encore à identifier ce qui fait mal.
"La guérison du cœur" de Guy Corneau : une invitation profonde à transformer sa douleur intérieure, sans passer en force. Pour celles qui sont prêtes à aller un peu plus loin.
Et si tu te sens prêt(e) pour une approche plus radicale du pardon, il existe aussi "Le pardon radical" de Colin Tipping. Mais je te conseille de commencer par les deux premiers.




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