Est-ce que tout est toujours parfait… même quand nous ne le comprenons pas ?
Aloha chère lectrice, cher lecteur,
“Tout est toujours parfait” : quand j’ai entendu cette expression pour la première fois chez François Lemay, j’avoue que ça m’a un peu agacée. 😄 Parfait ? Vraiment ? Même quand nous ne comprenons rien à ce qui nous arrive ? Même quand nous avons l’impression que notre vie s'écroule ou prend une direction que nous n’avions absolument pas prévue ?
Et pourtant, avec le temps et un peu de conscience, j’ai commencé à comprendre ce qu’il voulait peut-être dire par là.
Tout n'est pas beau, juste ou souhaitable. Non ce n'est pas ça. En fait, rien de ce que nous traversons n’est jamais complètement vide de sens, même si ce sens demande parfois des années, voire un long chemin de conscience, pour se révéler.
T’es-tu déjà retrouvé(e) dans l’une de ces situations :
une fin de relation,
un projet qui tombe à l’eau,
une décision de quitter un emploi stable…
Parfois, quelque chose que nous tenions pour acquis disparaît. Sur le moment, nous pouvons ressentir de la peur, de la tristesse, de l’incertitude. Notre mental réagit et se met à poser ses 1000 questions :
Pourquoi est-ce que ça m’arrive ?
Est-ce que je prends la bonne décision ?
Et si je regrettais ?
Comment savoir si tout cela va bien se terminer ?
Je ne sais pas pour toi, mais mon mental aimerait recevoir le scénario complet de ma vie avant de prendre une décision. Bien évidemment, avec les rebondissements, les garanties et, si possible, la mention “happy end confirmé” à la dernière page. 😄
Mais apparemment, la vie n’a pas prévu cette option.
Et si certaines expériences ne prenaient leur sens que bien plus tard, lorsque nous pouvions enfin regarder le chemin parcouru ?

🧠 Notre mental voudrait comprendre avant même d'avoir vécu
Souvent, nous aimerions savoir à l'avance si une décision sera la bonne.
Nous voudrions être sûrs qu'une séparation nous conduira vers une vie plus heureuse, qu'une reconversion sera réussie ou qu'un déménagement nous permettra de nous épanouir.
Malheureusement, à moins d'être visionnaire, nous ne pouvons pas connaître, à l’avance, toutes les conséquences d'un choix.
De surcroît, nous jugeons souvent une situation à partir de ce que nous savons aujourd'hui, alors que son histoire n'est pas terminée :
· Une rupture peut sembler être uniquement une perte.
· Une démission peut sembler être une prise de risque insensée.
· Un projet abandonné peut ressembler à un échec.
Et pourtant, quelques mois ou quelques années plus tard, notre regard peut avoir changer.
Nous ne comprenons pas toujours le sens d’une expérience au moment où nous sommes en train de la vivre, surtout quand nous prenons une décision qui bouleverse notre quotidien.
🌿 Quitter quelque chose ne signifie pas forcément perdre
Si tu as déjà quitté une personne, peut-être t’es-tu rendu(e) compte plus tard que tu as retrouvé une vie qui te ressemble davantage.
Récemment, j’ai vu le témoignage d’une personne qui racontait qu’après plus de 28 ans de vie commune, elle avait réalisé qu’elle ne s’épanouissait plus dans son couple.
Elle avait ses habitudes, un quotidien, l’amour de son conjoint… mais quelque chose en elle aspirait à autre chose.
Elle a alors fait le choix de partir, sans savoir ce qui l’attendait après.
Bien sûr, elle a eu peur de la solitude, du jugement, de se tromper, de regretter. Et pourtant, en prenant cette décision, elle s'est offert la possibilité de découvrir une autre manière de vivre. Elle a été tourmentée pendant 15 jours puis elle s’est rendue compte qu’elle se sentait en paix avec cette décision. Elle avait même l'impression de revivre.
Peu à peu, elle retrouve des envies qu'elle avait mises de côté. Elle apprend à mieux se connaître et se rend compte qu’elle est capable de vivre seule et d’être heureuse de vivre ça (même à son âge).
Cela ne signifie pas que sa relation était une erreur ou que toutes ces années étaient perdues. Cela signifie simplement que ce qui lui convenait hier ne lui correspondait plus aujourd'hui.
Peut-être que certaines fins ne nous enlèvent pas quelque chose, mais, au contraire, nous permettent de faire de la place à autre chose.
🚪 Et si quitter son travail ouvrait une porte inattendue ?
Imagine quelqu'un qui travaille depuis vingt ans dans une entreprise. Il a un salaire régulier, des collègues, une identité professionnelle…mais progressivement, il réalise qu’il ne se reconnaît plus dans son travail. Ce dernier ne le fait plus vibrer autant qu’avant.
Alors il hésite à partir. Il se pose des questions par rapport à son âge, au fait de savoir s’il y arrivera ou pas, s’il perdait tout ce qu’il a construit jusqu’à présent.
Puis finalement, il se décide à changer de voie.
Cela peut être difficile. Il peut gagner moins d'argent au début, devoir apprendre de nouvelles compétences, accepter de redevenir débutant.
Mais quelques années plus tard, il se sent peut-être davantage à sa place, en sécurité et heureux d’avoir retrouvé du sens.
Mais cela, il n’a pu le savoir qu’a posteriori, pas au moment où il a pris sa décision.
Bien sûr, toutes les reconversions ne réussissent pas comme prévu. Mais un résultat différent de celui que nous imaginions n'est pas nécessairement dépourvu de valeur.
Parfois, ce que nous pensions être un échec devient le point de départ d’autre chose : quelque chose que nous n’aurions jamais imaginé si nous étions restés sur le chemin prévu.
Jusqu'ici, je t'ai parlé de décisions que nous pouvons choisir de prendre. Mais parfois, la vie nous confronte à quelque chose que nous n'avons absolument pas choisi.
Et c'est là que l'expression « tout est toujours parfait » devient plus délicate.
💛 Patricia Blanc : quand une immense douleur donne naissance à un engagement
Il y a une histoire à laquelle je pense lorsque je réfléchis à notre capacité à construire quelque chose après une épreuve : celle de Patricia Blanc.
Patricia a perdu sa fille Margaux, atteinte d'un cancer. À la suite de cette disparition, elle a créé, avec son mari, l'association Imagine for Margo, engagée dans la lutte contre les cancers pédiatriques.
Est-ce que cela signifie que la mort de Margaux était parfaite ?
Évidemment que non.
Aucun engagement, aussi extraordinaire soit-il, ne rend la disparition d'un enfant souhaitable ou nécessaire. Mais l'histoire de Patricia Blanc m'a fait comprendre autre chose : nous ne choisissons pas toujours ce qui nous arrive. Mais nous pouvons choisir ce que nous allons essayer de construire ensuite.
Nous pouvons souhaiter de toutes nos forces que les choses se soient passées autrement. Mais notre refus ne changera pas ce qui est arrivé.
Accepter cette réalité ne signifie pas la trouver juste, ni cesser d’en souffrir. Cela peut simplement être un premier pas pour retrouver une liberté d’agir là où quelque chose reste encore possible. Alors, ce n'est pas la tragédie qui devient belle mais c'est ce qu'une personne parvient parfois à faire naître malgré elle.
Patricia Blanc n'a pas effacé la perte de sa fille. Elle a contribué à faire vivre sa mémoire à travers un engagement qui bénéficie aujourd'hui à d'autres enfants et à leurs familles (dont mon collègue qui a perdu sa petite fille de 3 ans).
C'est précisément ce qui me fait réfléchir à cette expression : "Tout est toujours parfait".
Peut-être faut-il distinguer ce qui nous arrive de ce que nous parvenons parfois à en faire.
🌧️ « Tout est toujours parfait » ne veut pas dire que tout est agréable ou juste
Je vais peut-être te surprendre, mais je ne crois pas que nous ayons besoin de considérer chaque événement de notre vie comme agréable ou juste pour lui reconnaître une valeur.
· Une séparation peut ouvrir de nouvelles possibilités sans avoir été agréable.
· Un licenciement peut conduire à une reconversion heureuse sans avoir été juste.
· Une maladie peut modifier notre regard sur la vie sans être un cadeau.
· Un deuil peut susciter un engagement extraordinaire sans que la perte devienne acceptable pour autant.
Grandir après une épreuve ne signifie pas forcément que cette épreuve était nécessaire pour grandir. Mais parfois, avec suffisamment de recul et de conscience, nous découvrons que quelque chose s’est construit malgré tout en nous.
Et je crois qu’une partie de ce chemin passe par notre capacité à accepter ce qui est.
🌿 Accepter ce qui est, ce n’est pas renoncer à avancer
Il y a une différence entre ressentir de la douleur face à un événement et continuer à lutter intérieurement contre une réalité que nous ne pouvons plus changer.
Nous pouvons nous répéter mille fois : « Ça n’aurait pas dû arriver », « Si seulement les choses avaient été différentes… »
Ces pensées sont humaines. Mais lorsqu’elles tournent en boucle, elles ajoutent de la souffrance à une situation déjà douloureuse.
Car, quoi que nous fassions, nous ne pouvons pas réécrire le passé.
Accepter ce qui est ne signifie pas approuver ce qui est arrivé. Cela signifie reconnaître que c’est arrivé.
Et peut-être commencer à consacrer notre énergie, non plus uniquement à ce que nous ne pouvons pas changer, mais à ce qui reste possible aujourd’hui.
Bien sûr, ce n’est pas toujours une décision facile. Certaines épreuves demandent du temps, et parfois un accompagnement, pour que cette acceptation devienne possible.
Mais je crois profondément que nous pouvons apprendre à ne plus ajouter systématiquement notre résistance à la douleur que nous ressentons déjà.
🌺 Donner du sens n'est pas une obligation
Chaque blessure n’a pas besoin d’être transformée en magnifique histoire de résilience pour te donner le droit de continuer à vivre.
Certaines personnes créent des associations. D'autres changent de vie. D'autres encore avancent simplement, un jour après l'autre.
Aucune de ces façons de traverser une épreuve n'est supérieure aux autres.
Je crois qu'il en va de même pour le sens que nous donnons à ce que nous traversons : nous n’avons pas l’obligation de transformer immédiatement nos épreuves en leçons de vie.
Une expérience peut contenir une possibilité d’évolution sans que nous soyons obligés de la saisir ou même de la reconnaître tout de suite.
Parfois, le seul pas possible aujourd’hui, c’est simplement de continuer à avancer. Et c’est déjà beaucoup.
🌊 Et si nous acceptions de ne pas connaître la suite ?
Ce qui nous inquiète souvent, c'est de ne pas savoir ce qui nous attend. Nous aimerions tant comprendre maintenant ce qui ne prendra peut-être sens que bien plus tard.
Peut-être pouvons-nous apprendre à vivre avec cette incertitude en se disant simplement : « Je ne sais pas encore ce que cette expérience changera dans ma vie. Mais je peux avancer sans avoir toutes les réponses aujourd'hui ».
J'avoue que c'est une forme de confiance sur laquelle je travaille encore aujourd'hui.
À titre personnel, je me souviens du jour où mon conjoint est venu vivre avec nous. Cinq jours plus tard, il repartait. Sur le moment, je ne savais pas trop comment interpréter ça. Mon mental, fidèle à lui-même, s’est mis à poser ses 1000 questions habituelles. 😄
Aujourd’hui, je suis fiancée à cet homme. Et nous préparons notre mariage à Kaua'i.
Rien de tout ça n’était lisible ce soir-là. Et pourtant.
Cette confiance ne promet pas un résultat heureux. Mais elle rappelle simplement que nous avons parfois plus de ressources pour faire face à l’inconnu que nous ne l’imaginons.
🧩 Le recul change parfois notre regard, pas le passé
Avec le temps, nous pouvons regarder une expérience différemment. Cela ne change pourtant pas ce qui s’est passé :
· Une séparation reste une séparation.
· Une période difficile reste une période difficile.
· Une perte reste une perte.
Mais, nous pouvons faire évoluer notre relation à cette expérience. Le recul ne va pas, par magie, transformer une mauvaise expérience en bonne expérience. Mais, il peut nous permettre de découvrir que cette expérience n'est plus la seule chose qui définit notre histoire.
Et c’est peut-être aussi cela, accepter : ne plus demander au passé d’être différent pour nous autoriser à vivre le présent.
🌱 Et si nous faisions un petit exercice de recul ?
J'ai à cœur de te proposer un petit exercice.
Repense à une décision difficile ou à un changement de vie relativement ordinaire (par exemple, un déménagement, une orientation professionnelle, une rencontre manquée ou un projet abandonné).
Puis, demande-toi :
- à l'époque, comment est-ce que je regardais cette situation ?
- aujourd'hui, est-ce que je la regarde différemment ?
- qu'est-ce qui a changé : les faits ou mon regard sur eux ?
- et surtout, si je ne vois aucun sens particulier à cette expérience aujourd'hui, est-ce que je peux aussi accepter cela ?
Ne cherche pas une réponse particulière. Observe juste.
🌺 Et si tout n'était pas parfait… mais que tout n'était pas encore écrit ?
Alors, est-ce que tout est toujours parfait ?
Personnellement, et je le dis avec toute l’humilité que ce sujet mérite, je crois que oui. Pas au sens où tout serait beau, juste ou souhaitable.
Je le dis dans le sens où tout ce que nous vivons contient une invitation à grandir et à évoluer, même si cette invitation ne se révèle pas toujours immédiatement, et qu'elle demande parfois un long chemin de conscience pour être entendue.
Ce n’est pas la douleur qui est parfaite. C’est notre capacité, insoupçonnée souvent, à traverser, à transformer et à avancer. Et ça, nous ne le découvrons généralement qu’après coup.
Patricia Blanc n’a évidemment pas choisi de perdre sa fille. En revanche, elle a choisi ce qu’elle allait faire de cette perte.
C’est peut-être justement là que réside ce “parfait” : pas dans ce qui nous arrive, mais dans ce que nous sommes capables d’en faire, même à notre façon, même imparfaitement.
Accepter ce qui est, ce n’est pas abandonner. C’est reconnaître ce qui ne peut plus être changé pour retrouver, peu à peu, la liberté d’agir sur ce qui peut encore l’être.
Certaines fins sont devenues des commencements. Certaines décisions nous ont permis de nous retrouver. Certaines épreuves ont révélé une force que nous ne soupçonnions pas.
Cela ne signifie pas que tout ce qui arrive est juste ou nécessaire. Cela signifie simplement que nous ne connaissons pas encore la suite de notre histoire et que nous conservons toujours la possibilité d’en écrire une partie.
Et toi, y a-t-il une expérience que tu regardais autrefois comme une fin… et qui, avec le recul, a finalement ouvert un nouveau chapitre ? 🌿
ENJOY YOUR LIFE 🌺
Avec tout mon amour,
Nana
POUR ALLER PLUS LOIN
"Tout est toujours parfait" de François Lemay
association imagine for Margo qui organise la course enfants sans cancer chaque dernier dimanche de septembre : Imagine for Margo – Children without Cancer.




Merci de prendre le temps de revenir sur cette notion et de la décomposer, l'explorer dans différentes dimensions. Cela ramène beaucoup de douceur dans ce concept.
Et je te rejoins complètement dans ton partage, ma compréhension est au même endroit.
En lisant ta 1ère partie, cela résonnait avec une phrase d'un de mes mentors, Sylvain Carufel, que je trouve magnifique : "la vie nous offre parfois ses cadeaux à partir de nos angles morts".
Quand on est propulsé à des endroits de notre vie que l'on n'envisageait pas, des cadeaux précieux nous sont parfois révélés, au-delà de ce que nous aurions pu imaginer. Émergeant de nos angles morts.
Savoir cela n'enlève pas aux difficultés quand elle sont là mais peut…