Dépasser ses limites : de 10 kms à 42 kms, mon premier marathon en pleine conscience
- Nadège Nicolas
- 25 mars
- 7 min de lecture
Aloha chère lectrice, aloha cher lecteur,
Dimanche, j'ai accompli quelque chose que je n'aurais jamais imaginé faire un jour : courir mon premier marathon.
Oui, 42,195 kms.
Toute seule, hors compétition.
Juste moi, mes jambes...et mon mental.
Mais avant de te parler du marathon, laisse-moi te poser une question : est-ce qu'il y a dans ta vie un "10km" à toi? Une limite que tu t'es fixée sans vraiment savoir pourquoi et pourtant tu n'oses pas ou plus la remettre en question?
Le mien a failli m'empêcher d'y arriver.

🦶 Le blocage des 10 km : quand le corps exprime ce que l'esprit refuse
Je me suis mise à courir pour contribuer à recueillir de l'argent pour la course Enfants Sans Cancer après le décès de la petite fille de mon collègue agée de 3 ans. J'ai rapidement couru 10 km. Plusieurs fois même.
Mais, pendant longtemps, j'étais bloquée sur cette distance. Pas par manque d'entraînement. Ni par manque de volonté.
Non, seulement parce que dès que je dépassais ce seuil, la même chose se produisait : une douleur au pied gauche, fidèle au poste, qui m'obligeait à freiner mes entraînements au-delà de 10 km. Certes, j'ai eu une fracture du calcanéum mais elle était résolue.
J'ai fait 3 ans de kiné. 3 ans sans résultat. Autant dire que mon pied était têtu… et moi aussi 😄.
Jusqu'à ce jour où ma kiné m'a dit qu'elle ne pouvait plus rien pour moi et que c'était sans doute psychologique! Sur le moment j'étais un peu décontenancée. Mais ayant vécu plusieurs expériences de phénomènes purement psychologiques, ça m'a fait réfléchir.
Et toi, est-ce qu'il t'est déjà arrivé d'avoir une limite que tu croyais physique et réelle... et qui venait en fait de bien plu loin?
Cette phrase de ma kiné a ouvert une porte :
Mon corps ne me bloquait pas.
Il me rappelait simplement l’histoire que je me racontais.
🧠Changer d'histoire pour changer de vie
Les enseignements de François Lemay sur la pleine conscience et notamment la méditation m'ont énormément aidé. J'ai appris à percevoir les choses autrement : à observer mes pensées sans les croire automatiquement et surtout, à me raconter une toute nouvelle histoire (cf. mon article : https://www.lestribulationsdenana.com/post/comment-commencer-la-m%C3%A9ditation .)
Je m'étais tellement persuadée que je ne pouvais pas dépasser les 10 km que mon corps l'avait intégré. Et à chaque fois que j'osais dépasser cette distance, il me rappelait ma croyance.
Prends un instant et demande-toi quelle histoire tu te racontes sur toi-même en ce moment?
"Je ne suis pas capable de..."
"Ce n'est pas pour moi ..."
"J'ai toujours été comme ça donc je ne peux pas changer..."
On croit tellement ses histoires qu'on finit par les incarner jusqu'au jour où on choisit d'en écrire un autre.
Parce que dépasser ses limites, c’est souvent commencer par changer l’histoire que l’on se raconte.
Et moi, j'ai choisi d'écrire celle d'une femme qui est capable d'aller plus loin. L'entraînement a fait le reste (je t'en parle plus bas😉).
Deux ou trois semi-marathons plus tard, toujours seule et toujours hors compétition, la confiance s'était renforcée. Et après ma retraite de silence en octobre dernier, l'idée du marathon a germé.
Pourquoi pas 42 km?
🏃♀️ 17 semaines de préparation : quand la discipline devient un acte d'amour envers soi
Choisir une nouvelle histoire ne suffit pas. Il faut lui donner une direction. J'ai donc appliqué un autre enseignement fondamental de la pleine conscience : le trio intention - attention - concentration (Cf. mon article : https://www.lestribulationsdenana.com/post/et-si-reprendre-le-pouvoir-sur-ton-attention-changeait-ta-vie).
J'ai commencé par poser une intention claire : courir un marathon. Il n'y avait plus de "peut-être". ma décision était ferme et bien ancrée.
Ensuite, j'ai mis mon attention dessus : j'ai choisi un programme sur Garmin coach et j'ai fait 5 entraînements par semaine pendant 17 semaines (nonobstant 4 entraînements sautés dont 2 à cause de la neige).
Enfin, j'ai y mis toute ma concentration. Je ne me suis pas dispersée. Je suis restée focalisée sur mon cap même si certains matins, c'était un peu dur de se lever et certains soirs, j'avais les jambes lourdes.
Mais j'ai tenu bon, jusqu'au bout. Plus motivée que jamais. Parce qu'au fond de moi, je savais que cette préparation m'aidait bien. Elle n'était pas seulement physique. Elle était aussi mentale, émotionnelle presque spirituelle par moments.
Chaque sortie marquait une progression vers mon objectif.
Et puis...la veille du grand jour, mon corps a décidé de me jouer un sale tour.
🤧 La veille : quand tout semble conspirer contre toi
Un rhume est venu jouer le trouble-fête ! Et oui, si tu veux faire rire Dieu, parle-lui de tes plans 😁.
Il est arrivé sans trop prévenir et s'est bien installé. Le genre de rhume qui te fait douter de tout la veille de l'évènement que tu as préparé depuis plusieurs mois !
J'avais la gorge irritée, le nez qui coulait, de la fatigue. J'avais commencé à regarder le masterclass Reset mais, ne me sentant pas bien, j'ai fait le choix d'arrêter et d'aller faire une sieste.
Je me suis alors sentie assaillie de doutes : Vais-je réussir à courir? Et si j'ai mal à la tête? Et si je n'y arrivais pas? Je me suis préparée pendant 17 semaines quand même!
Tu sais ce moment où ton mental remet tout en doute et te déstabilise malgré toutes ces semaines d'entraînement?
Mais j'ai respiré. J'ai beaucoup échangé avec mon chéri qui m'a solidement soutenu en me disant d'avoir confiance en moi, que j'étais prête et que je pouvais le faire (merci mon cœur🙏).
Et j'ai décidé d'y aller coûte que coûte pour voir ce que mon corps avait à me dire en ce jour spécial.
⭐ Le jour J : l'ivresse des premiers kilomètres
Le départ a été tranquille : je gérais mes battements par minute et mon rythme pour pouvoir tenir sur une telle distance. Je sentais bien mes jambes et surtout j'avais la certitude que je ferais tout pour réussir.
J'ai passé le fameux cap du mur des 30 kilomètres sans trop de difficultés. Je n'en revenais pas : 30 kilomètres! Moi, dont le maximum était de 24 km.
Et puis, le 35ème. Là, les choses ont commencé à partir ...en cacahuètes😂.
Mon oreillette m'a lâché! Plus de musique, plus d'accompagnateurs fidèles...Il ne restait plus que moi, le silence et mes pensées.
Mes jambes tenaient le coup mais le haut de mon corps me faisait mal. Je ne supportais plus mon électrolytes maison (oui j'ai un peu abusé du jus de citron sur la deuxième gourde😂). Je n'arrivais plus à boire et donc plus à prendre mes gels. Je n'avais clairement pas assez bu (seulement 750 ml sur toute la course ce qui était largement insuffisant). Leçon retenue pour la prochaine fois😂.
J'ai donc ralenti puis marché. J'ai réussi à recourir un peu mais j'ai fini en marchant.
Est-ce que ça t'est déjà arrivé? Ce moment où tout lâche en même temps? où tu n'as plus de filet de sécurité et où tu dois puiser en toi quelque chose d'insoupçonné?
🧘 La pleine conscience intégrative : ma bouée de sauvetage
Les enseignements de François Lemay ont pris tout leur sens dans cette situation. Pas sur mon coussin de méditation mais au 38ème kilomètre quand mon corps avait mal.
Quand la douleur est devenue trop présente, je me suis répétée régulièrement :
"Voici ce que je fais comme expérience en ce moment. C'est temporairement inconfortable. Cela aussi changera".
Cette phrase m'a beaucoup aidée. Elle n'a pas enlevé mes douleurs comme par magie mais elle m'a permise de les accueillir et de me dire que je n'étais pas ça, que ça allait passer et que bientôt ça serait fini.
C'est ce qui m'a fait tenir jusqu'au bout. Je me suis répétée cette phrase des dizaines de fois durant ces derniers kilomètres. Je n'avais plus de distraction, juste cette phrase.
🏅 L'arrivée : une fierté qui vient du plus profond de mon être
5 heures et 45 minutes après mon départ, je suis rentrée chez moi au terme de 42,2 km (oui ma montre ne connait pas les centièmes😄).
Je suis rentrée avec mon rhume, avec mes jambes en compote, sans musique depuis 1h30 et une immense fierté.
Moi qui étais jadis bloquée sur 10 km, moi qui avais passé 3 ans chez la kiné pour un pied qui refusait d'aller plus loin...
Est-ce que c'était parfait? Non. Est-ce que j'aurais dû mieux m'hydrater? Absolument. Mais est-ce que je suis fière ? Mais tellement 😁 😁😁
Ce marathon, c'était plus qu'une course. C'était la preuve concrète dans mon corps, dans mon esprit et dans mon cœur que changer mon histoire pouvait me permettre de changer ma vie.
💛Ce que ce marathon m'a appris pour dépasser ses limites
Le corps suit l'esprit.
Il exprime ce que l'esprit croit. Mon pied gauche ne me mentait pas. Il traduisait juste la limite que je m'étais moi-même imposée.
Qu'est-ce que ton corps essaie de te dire, à toi?
Changer son histoire intérieure est la clé. A partir du moment où j'ai choisi de me raconter autre chose, de me dire que c'était possible, tout a bougé.
Quelle histoire es-tu prêt(e) à réécrire?
J'ai aussi appris que la préparation est un acte de confiance en soi. Chaque petit pas compte. Chaque entraînement, chaque méditation, chaque jour où tu choisis de continuer malgré tout comptent.
Et la pleine conscience, elle peut servir à chaque instant. Elle est là, disponible quand tu en as vraiment besoin : quand tu doutes, quand tu te sens mal et même quand tu te sens bien.
Finir c'est déjà gagner, peu importe le chrono, peu importe les conditions. Tu t'es levé(e), tu y es allé(e) et jusqu'au bout.
Alors je te laisse avec cette question, et j'aimerais vraiment que tu y répondes (pour toi, pas pour moi) :
Ton marathon à toi, il ressemble à quoi?
Quel est ce projet que tu repousses?
Quelle est cette peur que tu évites?
Quelle est cette limite que tu crois réelle mais vit peut-être surtout dans ta tête?
Et si c'était le moment... de te raconter une nouvelle histoire?
Parce que ton marathon n’est peut-être pas une course. Mais il mérite tout autant d’être vécu.
Partage moi ton expérience en commentaire ou en message privé si tu le souhaites.
ENJOY YOUR LIFE

Avec tout mon amour,
Nana



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