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Disparition inexpliquée : accepter l'incertitude et choisir d'espérer

  • Photo du rédacteur: Nadège Nicolas
    Nadège Nicolas
  • 5 avr.
  • 5 min de lecture

Aloha chère lectrice, cher lecteur,


Mon article est un peu spécial aujourd'hui. J'ai envie d'évoquer une situation qui me touche particulièrement : la disparition de mon amie suisse, Valérie♥️.

Quand je parle de disparition, je parle d’une disparition inexpliquée, suffisamment inquiétante pour que la police suisse lance un avis de recherche.

À ce moment-là, tout a changé. Ce que je prenais au départ pour un éloignement voulu, une sorte d'absence temporaire devenait bien plus.


Bougies allumées sur une table dans une ambiance douce, symbolisant l’espoir, la présence et l’acceptation face à l’incertitude

🌸 Ma rencontre avec Valérie

Il y a des personnes qui entrent dans ta vie sans prévenir, avec une légèreté et une générosité qui désarment.

Valérie est de celles-là.

Je ne la connaissais pas vraiment, ou si peu, quand un dimanche en fin d'après-midi, l'année dernière, elle a pris du temps pour me parler de son voyage à Hawai'i. Elle en revenait. Moi, j'allais y partir l'été suivant.

On a échangé pendant un long moment, comme si on se connaissait depuis des années. Elle m'a donné des conseils, ses anecdotes et les endroits incontournables. Elle avait une façon bien à elle de donner sans compter, sans regarder l'heure. Je suis sortie de cette conversation avec le cœur léger et une liste de recommandations précieuses. J'avais le sentiment d'avoir rencontré quelqu'un d'authentique.

C'est le souvenir que je garde d'elle : un souvenir marquant d'une belle personne qui offre avec beaucoup d'amour et de douceur.


Et toi, as-tu quelqu'un dans ta vie qui t'a offert ce genre de générosité inattendue? Quelqu'un qui t'a donné de son temps et de son cœur alors que vous vous connaissiez à peine ?


🌫️Quand quelqu'un disparaît sans disparaître vraiment

Nous échangions régulièrement avec Valérie par messages WhatsApp interposés. Nous nous confiions nos challenges, nos difficultés, nos défis. Toujours sans jugement, dans une écoute bienveillante.

Puis, il y a deux mois, Valérie a coupé les ponts avec moi et avec d'autres personnes aussi (je ne l'ai appris qu'à sa disparition). Sans aucune explication.

J'ai d'abord ressenti du rejet. Cette petite voix intérieure qui cherche une raison, qui fouille, qui se demande "qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça?". Puis, la culpabilité est apparue : culpabilité de ne pas avoir su voir venir qu'elle n'allait pas si bien que ça notamment.

Et puis, lentement, j'ai choisi de respecter sa décision. Elle avait sans doute ses raisons. Ce n'était pas à moi d'en juger. J'ai donc accepté même si je pensais régulièrement à elle, me demandant si tout allait bien pour elle. Je lui ai envoyé un message lui rappelant que j'étais là pour elle si elle en ressentait le besoin et la remerciant pour tout ce qu'elle m'avait offert depuis que je la connaissais.


Est-ce que ça t'est déjà arrivé d'accepter la décision de quelqu'un, même quand elle faisait mal ? Comment as-tu traversé ça ?


🌊Et puis j'ai appris sa disparition, inexpliquée à ce jour.

Ça a été une vraie douche froide. Que dis-je? Un raz-de-marée, un tsunami.

Quelque chose s'est mis en marche dans ma tête. Ce mécanisme que tu connais certainement aussi car il est très répandu : mon mental s'est mis à fabriquer des scénarios. Dans ces moments-là, il est très productif (Spielberg peut aller se rhabiller !) : des images, des hypothèses parfois saugrenues, des fins possibles (bien évidemment souvent les pires). C'est humain. C'est même, d'une certaine façon, une tentative maladroite du cerveau de contrôler ce qui lui échappe totalement.

Mais j'ai finalement choisi de ramener mon mental, régulièrement et longtemps en me rappelant une chose simple, essentielle :

Tant qu'on ne sait pas, tout est possible.


J'ai beaucoup écrit dans mon carnet. J'avais besoin de me déposer. J'ai beaucoup médité aussi pour apaiser mon mental.

Et toi, comment fais-tu pour calmer ce mental qui s'emballe dans ces moments-là ? As-tu des pratiques, des rituels, des petites choses qui t'aident à revenir à toi ?


Apprendre à accepter l'incertitude

On a tendance à combler le vide avec du noir, avec des pensées pessimistes. Comme si ne pas savoir était insupportable, et qu'une mauvaise réponse valait mieux que le silence. Mais ce réflexe nous fait souffrir inutilement et surtout, il nous éloigne de la réalité.

La réalité, c'est que Valérie est quelque part dans ce monde qui continue de tourner. La réalité, c'est que je ne sais pas ce qui s'est passé. Et l'incertitude, aussi inconfortable soit-elle, est aussi un espace ouvert. Un espace dans lequel l'espoir a toujours sa place.

Ce n'est pas de la naïveté. C'est un choix conscient : celui de ne pas me condamner à pleurer quelqu'un qui est peut-être simplement en train de traverser sa propre tempête, loin de tout le monde, pour des raisons que je ne connais pas encore et qui lui appartiennent.



💛 Ce que cette épreuve m'a appris

Accepter l'incertitude demande une forme de discipline intérieure que personne ne nous enseigne vraiment. Voilà ce que j'ai pratiqué grâce à la pleine conscience intégrative. C'était imparfait mais sincère :


  • Revenir au présent. Chaque fois que mon esprit partait en vrille dans un scénario catastrophe, je revenais à maintenant. À ce que je sais. À ce qui est réel dans l'instant. Je respirais profondément selon la méthode de la respiration en carré pour faire redescendre mon système nerveux.


  • Ne pas confondre le possible avec le probable. Mon mental proposait des images sombres, mais elles n'étaient que des projections, pas des faits.


  • Honorer ce que j'ai vécu avec elle. Je repense régulièrement à tout ce que j'ai la chance d'avoir partagé avec elle, tout ce qu'elle m'a donné : du temps, de la douceur, une amitié bienveillante, sans attentes. Tout ça est bien réel et personne ne peut me le reprendre.

    J'ai pu aussi saluer ses belles qualités au cours d'un échange avec François Lemay, coach en pleine conscience, après la méditation qu'il lui a dédié dimanche dernier (cf. infra).


  • Accepter de ne pas savoir. C'est peut-être la chose qui m'a été la plus difficile. Mais je sais que c'est aussi la plus libératrice.


  • Accueillir et mettre en exergue des schémas de fonctionnement que je pensais guéris.


Valérie, je ne sais pas où tu es. Je ne sais pas ce que tu traverses. Mais je garde en moi ce fameux dimanche où on a échangé pour la première fois, la façon de donner ton temps, ton énergie, ta joie, tes conseils à quelqu'un que tu connaissais à peine. Sans compter tous les autres moments partagés (Lyon, Val-Morin...).


Aujourd'hui, je me répète régulièrement : Tant qu'on ne sait pas, je choisis d'espérer.


Pour toi. Et pour tous ceux qui attendent, quelque part, des nouvelles d'un être cher disparu dans le silence.


Et toi, si tu pouvais envoyer un message à quelqu'un qui a disparu de ta vie, que lui dirais-tu ? Tu peux le partager ici, dans les commentaires, si tu en as envie. Cet espace est le tien. 🤍


Avec tout mon amour,

Nana



La vidéo de méditation dédiée à Valérie de François Lemay est ici : https://www.youtube.com/watch?v=PKVVcTjEAS8

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