Regarder autrement : et si tu ne connaissais pas vraiment ceux que tu aimes?
- Nadège Nicolas
- il y a 7 jours
- 7 min de lecture
Aloha chère lectrice, cher lecteur,
Mardi, ma mère aurait eu 75 ans.
Je dis "aurait" parce qu'elle est partie il y a presque 9 ans rapidement, brutalement...Et pourtant, ces derniers jours, elle a été présente plus que jamais.
J'ai eu l'élan de lui rendre un hommage, mais pas un hommage figé. Je voulais écrire un texte vivant, à la lumière de mes prises de conscience, de tout ce que j'ai compris ...après son départ.
Oui, ce texte parle de ma mère, mais il parle aussi de toutes ces personnes qu’on croit connaître… jusqu’à ce qu’on apprenne à les regarder autrement.
Peut-être que toi aussi tu portes en toi une relation inachevée, complexe ou douloureuse ...avec un parent, un enfant, un frère ou une sœur.
Si c'est le cas, cet article est pour toi. Vois-le comme une invitation à ouvrir les yeux, à percevoir les choses différemment, à regarder les autres avec un regard neuf et peut-être les aimer autrement.

👁️ Quand on réalise qu’on ne connaissait pas vraiment l’autre
Quand ma mère est morte, j'avais ce sentiment que je ne l'avais pas vraiment connu, que je ne savais rien de sa vie et que je n'en saurai désormais plus rien.
J'ai vécu avec elle mais malgré les liens du sang et toutes ces années partagées, je me rends compte que je ne l'ai pas vraiment vue non plus.
Aujourd'hui, grâce au chemin que j'ai parcouru, je pose un regard totalement neuf sur ma mère. Je pensais savoir, parce que j'avais tendance à avoir plein de certitudes, d'être sûre de savoir ce qui s'était exactement passé. Mais je n'ai juste jamais regardé au bon endroit.
J'étais dans le jugement et pas dans la compassion, dans la certitude et non dans l'ouverture du cœur.
💥 Ce que l’autre a traversé… et qu’on ignorait peut-être
Ma mère a vécu de nombreux passages compliqués dans sa vie : elle a failli mourir à 10 jours et a eu une greffe de la peau suite à un staphylocoque doré. Elle a été couvée par sa mère, pour ne pas dire étouffée, et ce pendant très longtemps. Elle a passé une grande partie de sa vie dans l'ombre silencieuse de la dépression.
Je lui en ai voulu longtemps d'être en dépression, cet état qui m'éloignait des relations normales mère-fille qu'ont connu certaines de mes camarades.
Je me concentrais uniquement sur mon propre manque, sans voir sa propre douleur. Je me sentais seule, alors qu'elle l'était tout autant que moi.
Mais je ne savais pas ce que tout cela signifiait à l'époque. Je n'avais pas les outils appropriés.
C'est peut-être cela aussi grandir : apprendre à voir ce qu'on ne voyait pas avant.
J'étais plutôt dans ma propre souffrance de l'adolescence, dans l'ignorance de ce que vivait en silence ma mère.
💭Et toi, si tu te demandais ce que l’autre a vécu en silence ? Ce que tu as peut-être jugé...avant d'avoir compris.
🌑 4. Regarder autrement : de misère à misère, de misère à lumière, de lumière à lumière, de lumière à misère
J'ai appris que nous ne venons pas sur Terre par hasard.
Nous arrivons tous avec une histoire à vivre... et parfois à réparer.
Certains d'entre nous naissent dans la lumière (enfance heureuse, stable, beaucoup d'amour et un sentiment de sécurité renforcé). D'autres, en revanche, naissent dans la misère (misère émotionnelle, affective parfois physique) et vivent leur vie sous le poids de ce fardeau.
🌀Certains restent dans cette misère. Ils sont prisonniers d'un héritage qu'ils n'ont pas choisi et qu'ils n'arrivent pas à transformer.
✨ D'autres, à force d'avoir écouté les signes de la vie et avoir fait preuve de courage, arrivent à transcender la douleur et passent de la misère à la lumière.
🌧Parfois, c'est l'inverse : on nait sous la lumière, mais sans conscience, on glisse peu à peu dans la misère, dans la souffrance non exprimée. On passe ainsi de la lumière à la misère.
🌞enfin, il y a ceux qui naissent sous la lumière et y restent toute leur vie.
Je crois que ma mère faisait partie de la première catégorie : elle a grandi sous le poids d'une éducation stricte et d'un amour purement conditionnel.
Et elle est partie avec un cancer du pancréas, en silence, avec tout ce qu'elle n'a jamais pu ou osé dire.
Aujourd'hui, je ressens pour elle une immense compassion et un amour infini.
Et surtout, je me rappelle de ces éclats de rire car, oui, malgré tout cela, il y a eu des moments de lumière dans sa vie. Je suis aujourd'hui intimement convaincue que ma sœur et moi faisions partie de ces moments, tout comme mon père.
Ce sont ces moments-là que je choisis de garder en mémoire.
💫 5. Et si chacun faisait simplement… du mieux qu’il pouvait ?
Peut-être que toi aussi, autour de toi, tu as eu :
une mère qui n'a pas su t'aimer comme tu l'aurais voulu,
un père qui t'a blessé sans jamais reconnaître ses torts,
un frère, une sœur, un ami qui s'est éloigné sans explication...
Et si, à leur façon, ils faisaient juste ... du mieux qu'ils pouvaient ?
Peut-être qu'ils n'avaient pas les bons mots, pas les outils, pas l'espace intérieur suffisant pour aimer autrement.
Peut-être étaient-ils aussi en survie émotionnelle, complètement empêtrés dans leurs propres blessures.
Nous n'avons pas tous les mêmes niveaux de conscience, ni les mêmes ressources émotionnelles. Ce n'est pas du tout un jugement de valeur mais c'est un fait.
"Chacun fait du mieux qu'il peut, avec son niveau de conscience et d'intelligence du moment".
François Lemay
Cette phrase m'a bouleversée au point qu'elle a transformé ma façon de voir les autres. En la comprenant, j'ai pu desserrer un peu mon cœur.
Et si ce que je prenais pour du rejet, de la froideur ou de la maladresse n'était que le reflet d'un cœur qui, lui aussi, avait manqué d'amour ?
C'est peut-être là que commence le pardon. Je ne parle pas du pardon imposé mais du pardon qui émerge doucement, avec amour.
🌱 6. Le pardon : ce n’est pas oublier, c’est comprendre
Quand je parle du pardon, je ne te parle pas d'oublier ce qu'il s'est passé.
Je ne te dis pas non plus d'effacer ce qui a été douloureux, ni de tout excuser.
Je te parle d'un cheminement intérieur pour retrouver la paix en toi.
Car c'est cela avant tout le pardon : ce n'est pas faire un cadeau à l'autre. C'est un allègement de ton cœur, du poids qui pèse dessus.
C'est reconnaître que tu ne peux pas changer le passé, ni transformer l'autre (surtout quand il n'est plus là). Mais tu peux choisir de ne plus porter de ressentiment.
C'est accepté que l'autre n'est pas ce que tu aurais voulu qu'il soit et renoncer à l'idée qu'il aurait dû être différent. C'est le voir tel qu'il est et non tel qu'on aurait voulu qu'il soit.
Aujourd'hui, je regarde ma mère avec les yeux de l'amour ❤️❤️❤️.
Et même si parfois elle a été stricte et dure avec moi... je ne ressens plus rien d'autre que de la tendresse parce que je vois ce qu'elle a traversé et je sais qu'elle a fait du mieux qu'elle a pu.
Cela me suffit aujourd'hui.
💌 7. Et toi, quel regard poses-tu aujourd'hui sur les autres ?
Est-ce qu'il y a quelqu'un que tu n'as jamais compris?
Peut-être quelqu'un que tu as critiqué, jugé.. parce que tu te focalisais sur son comportement, pas sur son histoire.
👉Et si, aujourd'hui, tu lui offrais un regard nouveau? Un regard plus humain, plus conscient, plus nuancé.
Peut-être que cette personne, comme ma mère, a fait du mieux qu'elle pouvait...avec ses blessures, ses croyances, son passé...
Ce n'est pas toujours simple, certes. Mais, parfois un simple changement de regard peut guérir de grandes choses.
Sois doux(ce) avec toi dans cette introspection. Laisse émerger ce qui est prêt à émerger, en douceur.
🌟 8. Conclusion : Voir autrement, c’est déjà aimer autrement.
Aujourd’hui, je sais que ma mère a fait du mieux qu’elle a pu, avec ce qu’elle avait et avec ce qu’elle savait.
Si je ne l’ai pas toujours comprise, aujourd’hui je la vois autrement : avec le cœur et non plus qu’avec la seule histoire.
Et même si elle n’est plus là physiquement, elle trouve encore des moyens de nous faire des clins d’œil…
Je pense à ce jour où mon fils Roméo, qui a longtemps été très triste de ne plus avoir sa grand-mère, m’a accompagnée chercher un colis. Il ne voulait pourtant pas venir. J’ai insisté, presque sans raison.
En passant devant une cabine à livres, il a eu envie d’y jeter un œil. Et là, au milieu des ouvrages, il est tombé sur un Journal de Mickey. Rien d’extraordinaire, jusqu’à ce qu’il voit sur la première page un morceau de papier sur lequel était écrit : "Roméo, gros bisous de ta mamie."

💫 Pour nous, c’était un vrai signe, un de ces petits miracles discrets, mais profondément réconfortants.
Alors peut-être que toi aussi, en ce moment, quelqu’un que tu crois avoir perdu cherche à te parler…Ou peut-être qu’il est encore là, à côté de toi, et qu’il est temps de le regarder autrement.
Ce texte était un hommage à ma mère. Mais c’est aussi un hommage à toutes ces relations complexes, à tous ces liens humains que nous avons à pacifier.
Et si on commençait simplement… par ouvrir un peu plus notre regard ?
Avec tout mon amour,
Nana.
🌱 Pour aller plus loin…
Si ce sujet résonne en toi, voici quelques pistes pour approfondir à ton rythme :
📖 Côté lecture
– Aimer ce qui est – Byron Katie : pour poser un nouveau regard sur les autres et sur la vie.
– Les mots sont des fenêtres (ou bien sont des murs) – Marshall Rosenberg : pour comprendre sans juger et apprendre à écouter vraiment. Ce psychologue est connu pour avoir formalisé la méthode de communication non violente (CNV).
– Il n’est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse – Catherine Schweitzer : un livre doux pour se réconcilier avec le passé.
🎧 Côté audio / inspiration
– Les podcasts Métamorphose (avec Christophe André, Saverio Tomasella...)
– Les méditations guidées sur le pardon (Arnaud Riou, Petit Bambou, Insight Timer...)
– Les partages inspirants de François Lemay sur YouTube.
💬 Laisse-toi porter par ce qui t’appelle… parfois, une simple phrase, lue ou entendue au bon moment, peut tout changer 💛




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